L'ex-mari de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, a estimé dans une interview parue jeudi que si des «preuves de vie» de la jeune femme n'étaient pas «rapidement» apportées par les Farc qui l'ont enlevée, ses proches seraient «réduits à penser» qu'elle est morte.
«Jusqu'à notre dernier souffle, on garde l'espérance de la vie. Mais nous sommes extrêmement inquiets. Si les preuves de vie ne nous sont pas apportées rapidement par les Farc, alors nous serions réduits à penser qu'Ingrid est décédée», a déclaré Fabrice Delloye au quotidien Le Parisien.
«Il n'y aurait plus de justifications à la croire vivante», a-t-il dit.
La guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxistes) retient depuis le 23 février 2002 l'ex-candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne, ainsi que sa directrice de campagne Clara Rojas.
M. Delloye a mis en doute le témoignage d'un militaire colombien, ex-otage des Farc, qui s'est échappé et dit avoir été détenu pendant plus de deux ans avec Ingrid Betancourt. Il n'«aligne que des lieux communs» et n'évoque rien de récits personnels qu'aurait faits Ingrid, par exemple sur ses enfants, a relevé M. Delloye.
«Des émissaires sont partis» en Colombie, dont «des Français et des Suisses», dans le but d'obtenir des «preuves irréfutables» qu'elle est vivante, a ajouté l'ex-mari. «Il s'agit de nous fournir les réponses d'Ingrid à des questions très précises et personnelles, dont seule Ingrid connaît les réponses», a indiqué M. Delloye.
M. Delloye a salué «le courage invraisemblable» de ces émissaires et «le véritable engagement politique» du président français Nicolas Sarkozy, considéré selon lui par les Farc elles-mêmes comme «l'homme décisif pour trouver une solution humanitaire à cette affaire», selon lui.
À contrario, il a blâmé le pouvoir précédent, sous la présidence de Jacques Chirac. «Ce qui nous démolit le plus, mes enfants, le mari d'Ingrid et moi, a lancé M. Delloye, c'est que jamais le pouvoir politique français n'a mis la pression nécessaire sur le président (colombien Alvaro) Uribe», qu'il ne lui a jamais dit «de manière brutale +Maintenant ça suffit!».
La mère de l'otage, Yolanda Pulecio Betancourt, s'est elle dit «persuadée que (sa) fille est vivante», se référant au témoignage du militaire rescapé, mais croit «qu'il faudra sans doute encore du temps» avant sa libération.
«J'implore Nicolas Sarkozy d'intervenir pour empêcher (une) action armée. Ce qu'il faut, c'est un accord humanitaire», a-t-elle déclaré au Parisien, tout en remerciant chaleureusement le président pour «tout le mal qu'il se donne».
Le G8 a exhorté le 8 juin les Farc à accepter «une solution humanitaire».
La plus importante guérilla de Colombie (17 000 hommes) veut un accord sur un «échange humanitaire» de 500 de ses membres emprisonnés contre 56 personnalités otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander