Le président français Nicolas Sarkozy a évoqué jeudi le sort d'Ingrid Betancourt lors d'un entretien téléphonique avec son homologue colombien Alvaro Uribe, déclare son porte-parole David Martinon.
Lors de cet entretien de près d'une demi-heure, le nouveau chef de l'Etat français "a salué l'intention du président Uribe de libérer de nombreux prisonniers des FARC, tout en soulignant qu'il était déterminé à obtenir le retour d'Ingrid Betancourt", a rapporté le porte-parole de l'Elysée.
Alvaro Uribe, jusqu'ici partisan de l'option militaire pour libérer les otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a évoqué vendredi, "une libération massive" de rebelles emprisonnés.
"Si la loi me le permet, je vais procéder à une libération massive des détenus issus des FARC. Nous verrons s'ils sont capables de libérer nos otages", a-t-il dit à la radio Todelar.
Les FARC réclament la libération de 500 de leurs membres en échange de 57 otages, dont trois Américains et l'ancienne candidate écologiste à la l'élection présidentielle colombienne Ingrid Betancourt, 45 ans, enlevée le 23 février 2002.
Lors de son entretien téléphonique avec le président colombien, Nicolas Sarkozy "a souligné que sa préoccupation allait aussi à tous les autres otages détenus par les FARC", a déclaré David Martinon.
De son côté, Alvaro Uribe "a donné au président Sarkozy les informations recueillies auprès du policier qui a réussi à s'échapper du camp où il était détenu par les FARC sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt et ses conditions de captivité", a ajouté le porte-parole. "Le président Sarkozy les transmettra lui-même à la famille Betancourt, qu'il recevra au Palais de l'Elysée très rapidement."
Le policier évadé d'un camp des FARC après presque neuf ans de détention, John Frank Pinchao, a déclaré avoir été détenu jusqu'au mois dernier en compagnie d'Ingrid Betancourt.
Il a dit l'avoir vue pour la dernière fois, ainsi que les trois Américains détenus avec elle, le 28 avril.
Selon David Martinon, "le président Uribe a accepté la demande du président Sarkozy d'envoyer très rapidement à Paris son conseiller spécial, M. Luis Carlos Restrepo, qui est Haut commissaire pour la paix en Colombie."
Après les déclarations faites par Alvaro Uribe vendredi, Luis Carlos Restrepo, a dit avoir reçu pour instruction de trouver une "procédure juridique adaptée pour relâcher les personnes emprisonnées".
Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a évoqué à plusieurs reprises le sort d'Ingrid Betancourt et promis qu'il s'efforcerait d'obtenir sa libération s'il était élu.
http://www.lepoint.fr/content/france/article?id=183772
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