Mardi 19 juin 2007


18/06/2007 - El Colombiano, La Patria


La grande expérience diplomatique du nouvel Ambassadeur de France en Colombie lui a appris quand il faut parler, et quand il vaut mieux garder le silence...

C'est pourquoi, il est discret et franc au moment de se référer à l'accord humanitaire, mais il établit une barrière infranchissable quand il s'agira de la politique interne colombienne.

Bien qu'il n'ait présenté ses lettres de créance que mercredi de la semaine dernière, Jean-Michel Marlaud avait déjà commencé à travailler depuis plusieurs mois auparavant, non seulement pour consolider les liens entre les deux pays, mais aussi dans la recherche d'un accord humanitaire. Il aurait donc rencontré les parents des kidnappés en pouvoir des Farc.

Parce que si quelque chose est clair, c'est que la France recherchera, non seulement la liberté d'Ingrid Betancourt, mais aussi celle de tous les kidnappés du pays. La voix de ce diplomate ne tremble pas quand il assure que ce ne sera pas la France qui atteindra cet objectif, mais la Colombie. La Communauté Internationale ne fera que l'assister en cela.

Accord humanitaire

La France a promu la déclaration du G8 qui a soutenu la décision de libérer un groupe de guérilleros et Rodrigo Granda. Qu'est-ce que signifie ce soutien en termes pratiques pour la Colombie ?

"Pour la Colombie c'est très important de savoir que la Communauté internationale est attentive à à ce qui se passe dans le pays et qu'elle soutient les efforts pour rechercher une solution de paix.

Il est fondamental d'affirmer le soutien de la Communauté Internationale, pour bien montrer que le problème n'est pas considéré comme mineur. Il y a un intérêt pour ce qui se passe en Colombie, et la Communauté internationale est disposée à soutenir les efforts.

Quelles instructions avez-vous reçu du président Sarkozy pour rechercher l'accord humanitaire ?

"Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais je puis dire une fois de plus que pour nous l'accord humanitaire est une priorité".

Quelques voix critiques ont déclaré que la France ne recherche que la libération d'Ingrid Betancourt...

"Non seulement nous recherchons la libération d'Ingrid, mais aussi celle de tous les kidnappés.

Actuellement, il y a un énorme mouvement d'opinion qui a commencé avec Ingrid, parce qu'elle a la nationalité française, mais quand les gens ont découvert la réalité, ils se sont rendu compte qu'il y avait beaucoup d'autres kidnappés ".

Avez-vous eu des contacts avec la famille d'Ingrid Betancourt ?

"Avant de venir j'ai parlé avec Fabrice Delloye et Melanie, l'ex mari et la fille d'Ingrid Betancourt. Et depuis mon arrivée j'ai eu des contacts avec Juan Carlos Lecompte et Yolanda Pulecio. Mais pas seulement avec eux, car en arrivant j'ai aussi organisé une rencontre avec toutes les familles des kidnappés ".

Qu'ont-ils dit lors de cette réunion ?

"L'objectif est de travailler pour qu'il y ait une libération. En outre, nous espérons recevoir des preuves de survie ".

Les parents déclarent qu'ils se fient plus à la médiation de la France que dans les libérations décidées par le Gouvernement...

"La médiation, cela signifie essayer d'aider les deux parties pour qu'elles se parlent, mais cela ne signifie pas que la Communauté internationale va trouver la solution aux problèmes. Cela, c'est l'affaire de Colombiens ".

Etes-vous d'accord pour démilitariser les communes de Florida et Pradera, comme l'ont demandé les Farc ?

"Il y a deux ans il y a eu une proposition élaborée avec la Suisse et l'Espagne pour proposer une zone de discussion. A cette époque le Gouvernement l'avait acceptée et nous sommes toujours disposés à la soutenir, mais la démilitarisation, cela ne dépend pas de nous, c'est une décision de la Colombie; qu'il s'agisse d'une zone démilitarisée ou d'une autre solution, cela n'est pas de notre ressort. La Communauté internationale peut apporter son soutien et donner une réponse positive si on lui demande d'être observatrice. Mais les décisions doivent être prise par les Colombiens ".

Y a-t-il de nouvelles propositions, de nouvelles alternatives ?

"La seule chose que je puisse dire c'est que nous avons des contacts permanents entre les trois pays et avec les autorités colombiennes, mais je ne sais pas s'il y a nouvelle proposition. Celle que nous avons faite est sur la table et elle ne peut pas être effacée ".

C'est-à-dire que vous insisterez sur la proposition d'une zone d'environ 300 kilomètres carrés dans la Vallée, où la sécurité serait prise en charge par la Communauté internationale ?

"J'insiste sur le fait qu'elle est sur la table. Il y a eu une acceptation du Gouvernement colombien et il n'y a pas encore eu de réponse claire des Farc, et c'est pourquoi elle est encore là. Mais je ne suis pas celui qui doit définir comment cette zone doit être neutralisée".

On dit que Rodrigo Granda, celui qu'on appelle "chancelier" des Farc, pourrait aller en France, cela est-il certain ?

"Granda, à travers ses déclarations, a dit que cela n'était pas dans ses prévisions".


http://www.betancourt.info/indexFr.htm
par Amélie publié dans : articles concernant la situation colombienne
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