Jeudi 28 juin 2007


La démilitarisation de la zone située autour de Pradeira et de Florida, deux localités au sud-ouest de Bogota, est l’une des conditions posées par les Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC) avant l’ouverture de négociations avec le gouvernement. Ancrés dans la région, les Indiens de la communauté nasa refusent le destin de déplacés dévolu à nombre de leurs compatriotes. Reportage dans ce berceau historique des FARC avec Anne Corpet.

De notre envoyée spéciale en Colombie

«Bienvenue à Florida, pays du tourisme, une destination sûre», signale un panneau à l'entrée de la ville. Mais un barrage militaire filtre les entrées dans la municipalité. La ville aligne ses façades colorées sous les sommets de la cordillère centrale, perdus dans la brume. Sur les panneaux indicateurs, les poteaux électriques ou quelques vitrines, de petites affichettes anonymes ont été posées : «Non aux prises d'otages, oui à la liberté !». La semaine précédant notre arrivée, le chef de la police locale a été kidnappé. Guillermo Solorzano se rendait en compagnie d'un riche commerçant à une fête dans une municipalité voisine. «Il a été victime d'un excès de confiance», souligne le capitaine Paiva qui le remplace à la tête du commissariat. «Nous ne devons pas sortir de Florida sans escorte armée. La guérilla se cache tout près dans les montagnes».

Dans son appartement, Julia Maria, épouse de l'officier kidnappé montre les diplômes d'honneur reçus par son mari. «Je ne sais pas si c'est la guérilla qui l'a enlevé : les FARC n'ont pour l'instant rien revendiqué», soupire-t-elle. Comme les policiers, Julia Maria estime que son mari n'était pas visé au départ par les kidnappeurs. «Ils enlèvent les gens pour la rançon. C'est le commerçant qui l'accompagnait qui était la cible de l'opération. Mais quand ils se sont rendu compte qu'ils tenaient aussi un officier de police, leurs motivations économiques sont devenues politiques», explique-t-elle. Et se tordant les mains elle ajoute : «Le kidnapping, c'est pire que la mort. La douleur est constante et on ne sait pas combien de temps elle va durer. Certains otages sont retenus depuis dix ans dans la forêt».

Comme chaque samedi, la foule se presse entre les étals colorés du marché de Florida. Mais entre les piles de fruits exotiques et d'épices odorants, personne n'ose commenter l'enlèvement de l'officier de police. Même la question de la démilitarisation de la zone, réclamée par les FARC, semble taboue. «C'est au gouvernement et à la guérilla de décider ce qui doit être fait», lance une marchande de vêtements. Interrogée sur l'éventuelle inquiétude que pourrait susciter le départ des forces de l'ordre de Florida elle ajoute : «Si on ne se mêle pas de leurs affaires, les groupes armés ne posent pas de problèmes aux villageois». Mario, vendeur de billets de loterie, concède du bout des lèvres une explication : «Les gens se taisent car la parole peut tuer. Les mouvements subversifs ont des oreilles partout». De fait, même le nom de la guérilla semble dangereux à prononcer. «La ville est quadrillée», confirme un journaliste local. «Les paramilitaires ont le contrôle de certains quartiers et les FARC tiennent le reste de la cité. Seuls les Indiens réussissent à conserver leurs distances avec les groupes armés».

Les Indiens Nasa vivent disséminés dans la montagne, au dessus de Florida. Un contrôle militaire filtre les passages qui mènent à leur territoire. Tous les indigènes sont systématiquement fouillés. «Bienvenue en terre indigène», lance Wilson Lulico Ramos, chef de la communauté des Nasa, sitôt le barrage franchi par son vieux véhicule tout terrain. La piste serpente en lacets dans l'épais manteau forestier, se poursuit sur une crête et remonte à flanc de montagne. Les toits de Florida disparaissent dans la plaine, et loin derrière se devinent les contours de la ville de Cali. Une vingtaine d'indigènes, bottés de caoutchouc et armés de bâtons décorés de rubans colorés, nous attendent quelques centaines de mètres avant le village de Las Brisas. «C'est la garde indigène», explique Wilson, «nous nous sommes organisés pour protéger la communauté, prise entre les feux de la guérilla et ceux de l'armée. Notre force, c'est l'unité, et nos bâtons sont le symbole de notre autorité».

José Vincente Guasaquiyo, coordinateur des gardes des différentes réserves, détaille : «je commande 630 gardes, hommes, femmes et adolescents. Notre territoire s'étend de Florida aux sommets de la cordillère centrale». Le 23 janvier 2007, un membre de la communauté nasa a été tué par les forces armées, qui ont invoqué une «erreur militaire». «Notre réaction a été immédiate», raconte José Vincente. «A 80 gardes, nous avons encerclé douze soldats. Nous les avons convaincu de déposer leurs armes à terre, et nous les avons capturés.» Les indigènes ont procédé de la même manière avec les FARC, encerclant et désarmant quelques guérilleros. «Nous avons organisé une cérémonie et détruit une de leurs mitrailleuses devant eux. Pour nous, les conflits ne doivent pas se régler par les armes», explique le chef Wilson Lulica Ramos.

Le village des Indiens nasa aligne ses toits de tôle entre les cimes. La population vit en quasi-autarcie, grâce aux cultures du bas des montagnes, aux fruits des forêts, au bétail, aux poules, et aux poissons pêchés dans les rivières. Mais avec l'installation d'une base militaire à proximité, le quotidien s'est compliqué. «Depuis l'arrivée des soldats, la guérilla a truffé notre territoire de mines anti-personnelles», explique une mère de famille. «En trois ans, cinq personnes de la communauté ont été blessées, et beaucoup d'animaux ont été tués», ajoute-t-elle.

Face aux verts sommets qui disparaissent sous d'épais nuages, le chef Wilson Lulica Ramos explique : «Notre communauté est la première victime de ce conflit. Nous ne collaborons avec aucune des deux parties et nous souhaitons servir d'intermédiaire en vue de la libération des otages détenus par les FARC et des guérilleros emprisonnés. Dans cette perspective, nous soutenons la démilitarisation de la région demandée par la guérilla. Mais notre souveraineté sur nos terres doit d'abord être reconnue et respectée par tous. Ces montagnes sont notre propriété ancestrale. Hélas, les combats et les mines nous empêchent d'y circuler librement». Arrivé au volant d'un camion surchargé de bois de chauffe, le gouverneur de toutes les communautés indigènes de la région, Luis Horacio Agua n'espère aucun miracle. «Si les militaires partent, d'autres groupes armés les remplaceront immédiatement. Et comme toujours, ce sont les indigènes qui paieront le prix de la violence. Les autres paysans sont partis, mais nous nous resterons, même si nous devons y laisser nos vies», conclut-il.

Remonté à bord de son véhicule tout terrain, Wilson Lulica Ramos klaxonne pour signifier le retour imminent vers Florida. «Une fois la nuit tombée, il n'est pas prudent de circuler. Nous ne pourrons plus garantir votre sécurité», lâche-t-il. Debout devant l'école, les enfants du village entonnent l'hymne de leur communauté : «Nous sommes des paysans indigènes et sommes fiers du sang qui coule dans nos veines. Nous continuerons la lutte pour honorer notre lignée».

http://www.rfi.fr/actufr/articles/090/article_53164.asp
par Amélie publié dans : articles concernant la situation colombienne
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Jeudi 28 juin 2007



La France a accueilli avec prudence l’annonce des Farc de donner une mission au chef guérillero Rodrigo Granda, en vue d’un éventuel échange de prisonniers contre 56 otages.
La France a accueilli avec prudence vendredi l’annonce de la guérilla colombienne des Farc de donner une mission au chef guérillero Rodrigo Granda, en vue d’un éventuel échange de prisonniers contre 56 otages, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt.

« On a pris note de ce communiqué des Farc. Nous avons toujours dit que nous étions favorables à tout ce qui pouvait favoriser un échange humanitaire et permettre la libération des otages. Nous encourageons tout mouvement en ce sens », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jean-Baptiste Mattéi. Dans un communiqué, l’Etat major de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc-marxiste) s’est dit disposé à nommer Rodrigo Granda « vérificateur » d’une « démilitarisation » de deux municipalités colombiennes si Bogota le laisse libre de ses mouvements.

La guérilla exige la démilitarisation de deux municipalités dans le sud du pays, préalable selon eux à toute négociation humanitaire sur les otages, ce que le gouvernement colombien refuse. Les Farc demandent la libération de quelque 500 des leurs contre celle de 56 otages, dont l’ancienne candidate des Verts à la présidentielle Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de cinq ans, et trois Américains. La soeur d’Ingrid Betancourt, Astrid, a de son côté estimé que cette proposition des Farc était « un pas en avant ».

« Dans ce communiqué, les Farc soulignent que la gestion de France a été positive et que de plus, si les conditions que la guérilla réclame sont remplies, Granda deviendra un vérificateur plus qu’un négociateur », a-t-elle dit à la presse. « Le style et l’habileté de Sarkozy ont créé une nouvelle dynamique. Le président français est très habile et a réussi à convaincre Uribe de libérer (le guérillero Rodrigo) Granda contre un message de soutien à la Colombie au sommet du G8 » mi-juin, a indiqué la mère d’Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, lors d’un passage à Paris.

http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article12741
par Amélie publié dans : articles concernant la situation colombienne
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Jeudi 28 juin 2007


Les Forces armées révolutionnaires de Colombie réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 des leurs en échange de 56 otages

L'état-major des FARC, bien que campant fermement sur ses positions, a entrouvert, vendredi 22 juin, une fenêtre en acceptant de désigner le chef guérillero Rodrigo Granda comme "vérificateur" d'une démilitarision de deux municipalités du sud de la Colombie, un préalable à tout accord humanitaire sur les otages.

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC-marxiste), première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 des leurs en échange de 56 otages, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains.

"Si le gouvernement s'engage à laisser en liberté inconditionnelle Rodrigo Granda (.....), nous pourrions considérer sa nomination comme vérificateur des FARC pour la démobilisation des municipalités de Florida et Pradera", selon le communiqué du Secrétariat des FARC (organe dirigeant de la guérilla.
"Un travail spécial"

Les FARC précisent que le rôle de "vérificateur" d'une démilitarisation de Rodrigo Granda est "un travail spécial" qui se déroulerait en présence "de témoins internationaux et nationaux, d'organisations populaires et de familles de prisonniers (otages)".

"Une fois que ces derniers auront vérifié le retrait de la force publique, les guérilleros de la zone le confirmeront et selon l'étape suivante le secrétariat des FARC convoquera par un communiqué les émissaires du gouvernement pour une rencontre au cours de laquelle nous nous accorderons sur les noms (des représentants), les garanties, les mécanismes et les moyens pour parvenir à un échange", précise le communiqué.

Toutefois, en maintenant leur exigence d'une démilitarisation, ce que rejette catégoriquement le président Alvaro Uribe qui a renforcé la présence militaire dans cette région, le groupe rebelle s'adresse plus à la communauté internationale qu'au gouvernement colombien, estime un diplomate européen qui a requis l'anonymat.
"Laissons Granda faire un travail d'intermédiaire de paix"

Dans ce premier communiqué depuis le départ le 18 juin de Granda pour Cuba, la guérilla ne ménage pas le chef de l'Etat qu'elle accuse de vouloir "occulter le scandale de la narco-para-politique". Interrogé sur ce communiqué par des journalistes, Alvaro Uribe a répondu laconiquement: "Vous savez que le gouvernement a libéré Granda pour qu'il soit un intermédiaire de paix. Laissons Rodrigo Granda faire un travail d'intermédiaire de paix".

Alvaro Uribe avait lancé début juin un processus de libération unilatéral de guérilleros repentis, immédiatement qualifié de "farce" par les rebelles.

Les FARC font toutefois l'éloge de "l'action remarquable" du président français Nicolas Sarkozy qui a obtenu début juin la libération du chef guérillero, et des dirigeants du G8 qui prônent une solution humanitaire.
Une "région de cohabitation nationale"

Cette annonce intervient le jour même où un ancien candidat à la présidence Alvaro Leyva a présenté au chef de l'Etat une nouvelle proposition pour faciliter un échange entre détenus et otages de la guérilla.

Selon Alvaro Leyva, son plan de paix implique l'existence d'une "région de cohabitation nationale" où se négociera l'échange. Toutefois, Alvaro Leyva qui entretient de bonnes relations avec la direction des FARC, a soigneusement évité d'évoquer le terme de "zone démilitarisée".

Il affirme avoir déjà consulté plusieurs ambassades sur son plan. En 2005, les 3 médiateurs européens la France, l'Espagne et la Suisse avaient proposé des négociations dans une zone démilitarisée à créer, en vue d'un échange humanitaire. Mais les conditions préalables posées par les deux camps ont bloqué tout progrès.

"Conclure un échange de prisonniers, continue à être une priorité", affirme enfin le Secrétariat du groupe guérillero.


http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2306752&rubId=1094
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Jeudi 28 juin 2007

"C'est une très belle surprise pour moi, puisque je suis arrivée hier de Bogota en avion pour ce qu'on m'avait annoncé comme étant une surprise", a confié en coulisses Yolanda Pulecio à l'Associated Press, ravie de constater "qu'en France, le soutien à Ingrid ne faiblit pas". La mère de l'otage a salué les multiples actions françaises, "dont les 14 missions envoyées par l'ex-président Chirac".

Elle souhaite que l'engagement pris par Nicolas Sarkozy puisse aboutir "à la libération de toutes les personnes retenues contre leur gré". Yolanda Pulecio se rendra dans trois jours à Londres pour une conférence avec plusieurs membres de la diaspora colombienne et pour "poursuivre le combat".

En préambule au concert "Les Arènes de la liberté", le groupe duo Sweet'Air, à l'origine du concert, a interprété "De Baltimore à Ingrid", un titre adapté "en l'honneur d'Ingrid Bétancourt".

"Je suis né en Amazonie et j'ai été abandonné dans la jungle avant d'être adopté en Colombie par une famille française", a dit à l'AP Juan Heurtin, 30 ans, de Sweet'Air, qui consacre une chanson à Ingrid lors de chacun de ses concerts.

De nombreux artistes sont à l'affiche de ce concert gratuit où doivent entre autres se produire Kamini, Jacques Higelin, Emma Daumas ou Elisabeth Anaïs, et pour lequel l'Elysée-Montmartre a offert la location de la salle. En soirée, les enfants d'Ingrid Bétancourt, Mélanie et Lorenzo, ainsi que son ex-compagnon Frédéric Delloye, s'exprimeront également sur scène.

http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Jeudi 28 juin 2007


LA HAVANE - Le chef de la diplomatie cubaine, Felipe Perez Roque, a confirmé mercredi la présence à Cuba de Rodrigo Granda, le responsable de la guérilla colombienne des FARC, libéré début juin à la demande du président français Nicolas Sarkozy.

"Oui, effectivement, il se trouve bien dans notre pays", a déclaré le ministre cubain en réponse à une question lors d'une conférence de presse.

Considéré comme le "ministre des Affaires étrangères" des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Rodrigo Granda avait quitté lundi Bogota pour la Havane, mais la presse n'avait pu confirmer son arrivée dans la capitale cubaine.

Le gouvernement colombien a souhaité lundi "qu'il accomplira depuis Cuba également les démarches en faveur de la paix dont il a toujours dit s'occuper pour les FARC".

Rodrigo Granda avait accusé avant son départ le gouvernement colombien de "torpiller" un échange humanitaire, permettant notamment la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt.

L'accueil du chef guérillero "est cohérente avec la position de Cuba" en faveur d'"une solution négociée du conflit colombien", a ajouté Felipe Perez Roque, rappellant que Cuba accueille aussi les pourparler entre le gouvernement de Bogota et l'autre guérilla colombienne de l'Armée de libération nationale (ELN).

"Nous avons prêté notre territoire pour le dialogue, notre rôle se limite à cela", a-t-il souligné.

Le 3 juin, des diplomates cubains avaient rencontré Granda durant près de trois heures dans sa prison de La Dorada (centre-ouest).

Rodrigo Granda, qui purgeait une peine de 21 ans de prison, avait été remis en liberté le lendemain par le président Alvaro Uribe, à la demande du président français, dans le but d'aider à la libération des otages.

Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 des leurs en échange de 56 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains.

Rodrigo Granda, qui affirme qu'Ingrid Betancourt est toujours en vie, n'a pas exclu de se rendre prochainement en France ou en Suisse.

http://www.romandie.com/infos/news/070620174657.jrwasw74.asp
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