articles concernant la situation colombienne

Dimanche 13 août 2006

Mère de deux enfants, élue députée, puis sénatrice, et enfin  candidate aux élections présidentielles dans son pays la Colombie, Ingrid Betancourt est retenue en otage depuis le 23 février 2002 par les FARC, une des guérillas colombiennes. 
Le courage et l'obstination dont elle a fait preuve dans sa lutte contre la corruption et le trafic de drogues dans son pays lui ont valu une renommée internationale et ont suscité une grande admiration.
Fille d'un ancien Ministre de l'Éducation et d'une ancienne sénatrice, elle a vécu la majeure partie de son enfance à l'étranger et surtout en France (son père y était alors ambassadeur de Colombie à l'UNESCO), où elle a fait Sciences Po. 
En 1989, alors qu'elle vivait une vie tranquille de mère de famille, elle décide soudain de tout laisser tomber pour rentrer dans son pays et agir : sa mère a vu mourir sous ses yeux Luis Carlos Galán, candidat à la Présidence en 1989, qui incarnait l'espoir d'un changement radical en appuyant le traité d'extradition des narcotrafiquants vers les États-Unis. 
Son pays, la Colombie, est au bord du gouffre, saigné par des années de guerre. Pris entre la guérilla marxiste, les paramilitaires, les cartels de la drogue et les politiciens impuissants ou corrompus, peu de gens osent se lever pour offrir une autre vision au peuple Colombien. Ingrid Betancourt décide de le faire. Elle met de côté sa vie tranquille de mère de famille expatriée pour revenir dans son pays et se battre pour en changer l'avenir. 
Elle travaille à l'élection de sa mère au Sénat, puis entre au Ministère des Finances. Après quelques années, frustrée du peu de résultats obtenus, elle décide de se lancer en politique avec son amie Clara Rojas. Elle est élue députée. Elle n'a de cesse de dénoncer la corruption des politiques et, en particulier, celle d'Ernesto Samper qu'elle a pourtant soutenu, tièdement, lors de la campagne présidentielle de 94. 
Elle condamne la corruption, la violence, se bat pour le développement régional, pour les plus démunis. Elle est menacée de mort à plusieurs reprises, échappe à un attentat. Elle est obligée d'expatrier ses enfants. Elle est régulièrement prise à partie par les journaux, les accusations les plus odieuses sont portées contre elles par ses pairs et relayées par des journalistes peu scrupuleux. Elle doit défendre plusieurs fois son honneur en public et en sort toujours blanchie.
Elle est d'abord élue députée en 1994, puis sénatrice en 1998. En 1998, elle fonde son propre parti, "Oxygène", et se présente au Sénat. Elle est la candidate qui, contre toute attente, remporte le plus grand nombre de voix au niveau national.
Elle est bientôt convaincue que la seule façon de changer le système est de se faire élire à la présidence en mai 2002. Elle démissionne donc de son poste de sénateur fin 2001, non sans lancer un retentissant "Lorsque je serai Présidente, je vous démissionnerai tous!" avant de quitter l'hémicycle.
Le 23 février, tout au début de la campagne électorale, Ingrid et sa directrice de campagne, Clara Rojas, sont enlevées par les farc (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) sur la route de San Vincente.
POUR PLUS D'INFORMATIONS SUR LA COLOMBIE, LES FARC, LA SITUATION DES OTAGES etc...
DEUX SITES : www.betancourt.info
et le site des farc en espagnol, à lire avec prudence..pour se faire un avis, http://www.farc-ep.ch/
Par Amélie
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Mardi 15 août 2006

08/08/2006 - CyberPresse, Libération, El Espectador, Bismi.net, SBS Australia
C'est dans une capitale sous haute surveillance que le président colombien Alvaro Uribe a prêté serment, hier après-midi, pour son second mandat consécutif. Près de 30 000 policiers et soldats ont investi depuis le week-end les rues et les hauteurs de Bogotá, des blindés se sont positionnés sur les principales artères et les hélicoptères vrombissent en permanence au-dessus de la ville pour éviter tout attentat de la guérilla d'extrême gauche des Farc.

Pendant la cérémonie d'investiture, plusieurs congressistes colombiens ont brandi des photos d'otages, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, pendant le discours d'investiture du président Uribe en présence de 11 chefs d'État et de 63 délégations étrangères. Parmi eux les parlementaires de gauche Gustavo Petro et Wilson Borja, membres du Pôle démocratique

 

Le président Uribe a affirmé dans son discours qu'il était disposé à mettre fin à la guerre civile en Colombie, mais a demandé aux groupes armés de «prendre des mesures irréversibles» qui prouvent leur volonté de négocier et a indiqué qu'il ne permettrait pas de «paix trompeuse».

Face au risque d'enlisement, quelques gestes avaient fait croire que le président réélu allait désormais chercher l'ouverture de négociations. Il s'est ainsi attaché les services d'un de ses anciens ennemis politiques, Fabio Valencio Cossio, connu pour avoir établi de bons contacts personnels avec les chefs de la guérilla lors du dernier dialogue avorté, entre 1999 et 2002. Sa nomination a fait espérer un assouplissement aux proches des 58 otages politiques et militaires des Farc, dont Ingrid Betancourt, détenus dans la jungle depuis parfois plus de huit ans. Le groupe armé exige la libération de ses combattants prisonniers de l'Etat contre celle des otages, et ne veut négocier l'échange que dans deux municipalités montagneuses du sud-ouest du pays, zones d'où se retirerait l'armée colombienne.

La fermeté de la guérilla, comme du pouvoir, lequel n'accepterait de démilitariser que le quart du territoire exigé, a empêché tout dialogue direct depuis quatre ans. Les familles d'otages maintiennent malgré tout leurs espoirs en l'Eglise et en une commission européenne menée par la Suisse et la France pour établir des ponts avec les Farc.

Mais le discours d'investiture d'Uribe, très attendu hier après-midi, devrait maintenir le cap de la guerre. Selon le quotidien national El Tiempo, le Président craint que «la recherche de la paix [au milieu des combats] démotive l'armée». Sur ces bases, calcule un proche des tractations, il faudrait «un an et demi à deux ans» pour obtenir une libération négociée des otages..

Par Amélie
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Lundi 21 août 2006
Les Farc réfutent qu'il y ait des avancées pour l'accord humanitaire
20/08/2006 - La F.M., AnnCol

Les Farc nient qu'il y ait des avancées pour un accord d'échange de prisonniers, comme l'avait affirmé il y a deux jours un dignitaire de l'Église catholique.

Le porte-parole des Farc, Luis Edgar Devia, alias "Raúl Reyes", s'est référé à des déclarations faites il y a deux jours par le président de la Conférence Épiscopale colombienne, Mgr Luis Augusto Castro.

Le prélat avait parlé de progrès pour obtenir un accord humanitaire qui aboutirait à la libération de 59 kidnappés.

Le porte-parole des Farc, dans des déclarations divulguées sur internet par l'agence AnnCol qui transmet en général les communiqués de cette organisation armée, a qualifié ces déclarations de "faux bruits" et a réfuté qu'il y ait des contacts de délégués officiels avec la guérilla.

"Nous regrettons que Monseñor Luis Augusto Castro soit une autre victime de la politique de procrastination, de tromperie et d'absence de volonté du gouvernement pour concrétiser l'échange de prisonniers", a-t-il déclaré.

Il a réitéré que "il n'existe aucune possibilité de rapprochement des Farc avec le Gouvernement" sans la démilitarisation de deux communes de la Vallée du Cauca, comme le demande la guérilla depuis plus de quatre années.

"Sans cette condition nous sommes loins de réunir les conditions réelles pour l'accord attendu", a dit Reyes.

Luis Augusto Castro, archevêque de Tunja, avait déclaré jeudi passé qu'il avait "constaté au cours des dernières semaines un climat nouveau qui pourrait favoriser la paix" en allusion à la disposition de paix montrée par le président réélu Alvaro Uribe le 7 août, lorsqu'il avait entamé son second mandat de quatre années.

"C'est un climat qui se manifeste également de manière positive du côté des Farc", avait ajouté le prélat qui avait assuré que "on avance, le projet n'est ni mort ni paralysé" et que "à l'heure actuelle il y a de la bonne volonté chez les deux parties".

Les Farc veulent échanger les 59 kidnappés contre 500 guérilleros emprisonnées, par le biais d'un accord humanitaire.
Par Amélie
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Jeudi 24 août 2006
Ingrid Betancourt "va bien"

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Selon le numéro 2 des Farc, Ingrid Betancourt est en bonne santé.
(DR)

Dans une interview accordée au Figaro jeudi, le numéro 2 des Farc, qui détienne en otage la Franco-Colombienne, indique que les négociations pour sa libération sont «au point mort».


«Tout ce que je sais c'est qu'elle va bien». Raul Reyes, le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie donne des nouvelles rassurantes de l’otage franco-colombienne Ingrid Betancourt. Il ajoute cependant : «Si l'on peut dire 'bien' dans les conditions où elle se trouve : dans la jungle, avec l'humidité, les moustiques, les abeilles, les guêpes, l'impossibilité de communiquer avec sa famille». «Mais bon, elle est là», a-t-il poursuivi. «Elle lit, elle marche, elle fume, comme les autres otages. Et j'imagine que tous les jours, elle se demande quand elle va enfin être libérée. Comme tous les guérilleros emprisonnés».

Or, «le projet d'échange humanitaire est au point mort», selon le porte-parole de la principale guérilla de Colombie, avec quelque 17.000 combattants. Elle propose d'échanger 58 otages contre 500 rebelles emprisonnés. Le président colombien Alvaro Uribe avait annoncé le 15 mai qu'il était disposé, s'il était réélu, à concéder une zone démilitarisée plus grande pour un échange humanitaire d'otages avec les Farc.



«Le rôle de la France est très positif»


Raul Reyes appelle la France, la Suisse et l'Espagne, qui avaient proposé le 13 décembre la création d'une zone démilitarisée sous contrôle international dans le sud-ouest du pays pour négocier un accord entre le gouvernement et les Farc, à faire «d'autres propositions».


«Le rôle de la France (...) est très positif», estime-t-il, mais à présent la décision de démilitariser ou pas la zone que nous demandons revient au gouvernement colombien». La Suisse, elle, «présente le grand avantage de ne pas considérer les Farc comme terroristes», relève-t-il. Raul Reyes souligne qu'«il y a en Colombie des guérilleros en prison depuis vingt ans». «Alors, si les guérilleros peuvent passer vingt ans en prison, les autres (les otages) le peuvent aussi».


Dans un entretien publié le 27 juin dernier par le quotidien français L'Humanité, Raul Reyes avait fait des déclarations très similaires, expliquant qu'Ingrid Betancourt allait «bien dans la mesure de l'environnement dans lequel elle se trouve».



Par Amélie
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Mercredi 30 août 2006
Le Congrès colombien préparerait une rencontre avec Raul Reyes

28/08/2006 - Terra España, Correo (Perú)

La presidente du Congrès Colombien, Dilian Francisca Toro, a annoncé aujourd'hui que demain, lundi, elle commencera à préparer une possible comparution dans le Parlement du principal porte-parole des FARC, Raúl Reyes, pour qu'il y discute de la paix.

'Cela serait l'ouverture à l'accord humanitaire et à la paix que nous, les colombiens, nous voulons ', a déclaré Toro à la Radio Nationale (RCN).

Toro avait invité il y a quelques jours les FARC à discuter au Congrès colombien pour chercher une solution au drame des dizaines de personnes kidnappées et de leurs familles, ainsi que pour chercher une réconciliation définitive dans le pays.

"Je remercie beaucoup Madame la presidente du Congrès pour cette invitation. Je la considère comme l'intention de contribuer à ce que l'échange devienne une réalité. Nous serions tout-à-fait disposés à prendre part à cette rencontre pourvu qu'il existe des garanties de sécurité, car dans le cas contraire ce serait trop risqué ", a déclaré hier le porte-parole des rebelles, Raúl Reyes, dans une entrevue avec l'hebdomadaire Cromos.

La presidente du Congrès a considéré la réponse de Reyes comme 'excellente ' et a annoncé que lundi elle parlerait avec la Commission Spéciale pour La Paix et l'Échange Humanitaire de l'assemblée législative et avec le Haut Commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo, afin d'examiner les possibilités de garanties pour la sécurité de Reyes.

Raúl Reyes, alias Luis Eduardo Devia, avait déclaré à la revue Cromos que les FARC 'ne renoncent pas 'à rechercher des rapprochements avec le Gouvernement du président Alvaro Uribe, et que même ils pourraient parler devant le Congrès.
Par Amélie
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